Le rôle central des villes et des autorités locales et régionales a été légitimement reconnu dans le récent rapport de l'ancien Représentant spécial des Nations Unies sur les migrations

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Mar 16, 2017

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Migration et Gouvernance Locale
Dans ce rapport, Peter Sutherland, ancien Représentant spécial des Nations Unies pour les migrations, reconnaît l’importance du rôle des villes et des autorités locales et régionales dans la gestion de la migration. À titre de recommandation, Sutherland en appelle à l'autonomisation des villes et des collectivités locales pour faire en sorte que les meilleures pratiques soient partagées, et à cet effet souligne la bonne initiative du Forum des maires qu’il faut soutenir. En outre, Sutherland en appelle aux structures de soutien, telles que le Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD), et à inclure les voix des fonctionnaires locaux dans les discussions nationales et mondiales sur les migrations, ainsi qu’à s’en faire le relai.

 

 

 

Peter Surtherland en train de parler au Forum Mondial sur les Migrations et le Développement (FMMD)

 

Ce rapport témoigne du rôle clé des villes et des autorités locales et régionales dans la gestion des migrations, « qui sont souvent les premières confrontées aux questions d'intégration des nouveaux arrivants » (43). En effet, le rapport reconnaît que les autorités locales et régionales sont l’avant-garde de l'accueil et de l'intégration des migrants, et propose ainsi une recommandation spécifique (n ° 14) qui vise à « renforcer les villes et les collectivités locales » au travers d’une « initiative dédiée aux villes et aux régions (76a) », construite à partir des pratiques de l’ICMD pour partager efficacement les bonnes expériences et les leçons apprises au niveau local. Sutherland (41) a aussi reconnu l'importance de « doter les gouvernements locaux des prérogatives et des ressources nécessaires pour intégrer les nouveaux arrivants, organiser et concevoir des forums et des partenariats internationaux susceptibles de faciliter la coordination et la convergence des politiques dans des domaines critiques ». L’ICMD salue vivement cette reconnaissance du rôle crucial des autorités locales, ainsi que de la société civile[1] et de la diaspora[2] en matière de gestion des migrations.

                                                       

Photo de groupe avec tous les participants de session d’entraînement proposée par l'IMCD au 3e Forum de la Mairie sur la mobilité, la migration et le développement, Quezon City, Philippines 

Crédit photo: Courtoisie de la Banque de Développement d'Asie 

 

Ensuite, le rapport recommande que les structures de soutien soient davantage institutionnalisées pour encourager les échanges entre les gouvernements locaux (43) et entre les gouvernements locaux et nationaux. Ainsi, Sutherland recommande que « les représentants des autorités locales [...] soient systématiquement inclus dans les délégations nationales lors des réunions internationales sur la migration (76b) », comme ce fut le cas lors du Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD) (voir recommandation 14).

                                                          

L'experte en gestion de connaissances Joanne Ivrine de l'IMCD était co-reportrice pour deux sessions de travail au FMMD de 2016 sur les sociétés civiles, Dakha, Bangladesh

 

La valeur ajoutée de la dimension locale et le besoin d'une réponse multi-niveaux et coordonnée de la migration est également reconnue dans l’appel à un soutien continu au Forum de la Mairie sur la mobilité, la migration et le développement (76c)" (voir recommandation 14). L’ICMD salue vivement ce soutien et la valeur reconnue de ce forum - un forum que l’ICMD a soutenu avec l'UNITAR, la KNOMAD, l'OIM et les partenaires de la SDC depuis sa création en 2014. Le prochain Forum de la Mairie sur la mobilité, la migration et le développement aura lieu à Berlin suite au prochain FMMD 2017, afin de relier ces deux processus. L’ICMD fournira prochainement plus d'informations à ce sujet.

Sutherland conclut son rapport en reconnaissant une fois de plus que les problèmes liés à la migration doivent intégrer une approche ascendante (89), afin que de nouvelles idées puissent plus tard être développées et mises en œuvre pour influencer les discours et les politiques à l’échelle nationale et mondiale. Comme nous l'avons déjà montré dans nos travaux, nous pensons aussi que cette concentration sur le niveau local et régional est essentielle pour garantir des pratiques et politiques durables.

  • Contexte

Ce rapport a été soumis au Secrétaire Général de l'ONU, António Guterres, par l'ancien Représentant Spécial des Nations Unies sur la migration, Peter Sutherland, le 3 février 2017. Le rapport propose des recommandations pour une meilleure gestion de la migration - des contributions qui ont été développées sur une période de deux ans avec le soutien de nombreux experts. Suite aux engagements politiques liés au deuxième Dialogue de haut niveau des Nations Unies sur les migrations internationales et le développement (2013), l'Agenda 2030 (2015)[3] et la Déclaration de New York (2016)[4], les États ont publiquement reconnu que la responsabilité de la gestion des migrations devrait être partagée (29). Dans la Déclaration de New York, en raison de ce besoin d'une meilleure collaboration sur la migration entre les parties prenantes (12), les États ont lancé un processus de deux ans pour élaborer un pacte mondial sur une migration sûre, ordonnée et régulière. L’objectif de ce pacte est donc de fixer des normes pour la gouvernance migratoire qui doivent être maintenues dans les contextes nationaux, bilatéraux et régionaux (12). Ainsi, dans ce rapport, Mr. Sutherland présente une feuille de route importante pour améliorer la gouvernance des migrations et alimenter le processus de développement du Global Compact. Mr. Sutherland estime que tous les acteurs concernés, y compris les ministères de l'intérieur, les autorités locales et les entités non gouvernementales, devraient être inclus dans le processus de négociation (13) et la formation de coalitions, afin que des priorités communes soient avancées parmi un nombre croissant de parties prenantes concernées, dans l'espoir de rendre le Global Compact aussi efficace et complet que possible (14).

L’objectif de ce rapport est donc de démontrer que la migration ne doit pas être une « source de conflit » parmi ou entre les États. Dans l’introduction de ce rapport, le Représentant Spécial du Secrétaire Général sur la migration, Peter Sutherland, explique que la migration peut être mieux gérée à travers la coopération internationale, afin de s’assurer que celle-ci soit facilitée d’une manière légale et sure. Dans la deuxième partie du rapport, sont mentionnés les engagements entre les États et les migrants, entre les États, et entre les États et les autres parties prenantes comme base pour cinq programmes d’actions :  A) Gérer les mouvements de crise et protéger les migrants en situation de vulnérabilité, B) Créer des possibilités de mobilité de la main-d'œuvre et des compétences, C) Assurer une migration ordonnée, y compris le retour, D) Favoriser l'inclusion des migrants et les bénéfices pour le développement, et E) Renforcer les capacités de gouvernance. Ensuite, des recommandations sont formulées sur la manière dont les États, avec d'autres acteurs pertinents, devraient  appréhender la question des migrations pour traiter de ces priorités. Ces recommandations sont pratiques et visent à assurer la mise en œuvre de l'Agenda 2030,  à informer et à faire progresser le Global Compact sur la migration sûre, ordonnée et régulière qui doit avoir lieu en 2018 (48).

 

Pour en savoir plus :

  • Prochain FMMD
    • Qui aura lieu du 28 Juin 2017 jusqu’au 1er Juillet 2017 à Berlin, en Allemagne.

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  •  Rapport de synthèse dans le contexte du 3ème Forum mondial sur la mobilité humaine, la migration et le développement : Consultation Mondiale de la société civile sur la migration et le développement local 
    • Ce rapport a été rédigé et présenté au cours d'une session spéciale consacrée au rôle de la société civile dans le soutien aux villes pour exploiter le potentiel des migrations pour le développement local  lors du 3ème Forum mondial sur la mobilité humaine, la migration et le développement à Quezon City aux Philippines en 2016. Le rapport est le point culminant de trois processus de consultation menés en préparation du Forum par l’ICMD avec ses partenaires UNITAR, l'OIM, la KNOMAD de la Banque mondiale et l'Agence Suisse de coopération pour le développement, en collaboration avec l'organisation de la société civile « Coalition mondiale Sur le Forum des Migrations et des Migrants en Asie ». Ces consultations ont rassemblé et consolidé l'expérience, les bonnes pratiques, les leçons apprises et l'expertise de 70 organisations de la société civile et des associations de migrants dans le monde entier sur le thème de la gestion des migrations pour le développement local. Le rapport rassemble toute cette expérience et fournit une série de recommandations politiques et pratiques aux villes et aux autres autorités locales et régionales sur la manière de gérer les migrations pour le développement local De même, il décrit les services et les rôles de soutien que la société civile peut fournir.

 

 

[1] “La société civile a été une grande source d'espoir: Face à l'hostilité généralisée envers les migrants et les réfugiés, les citoyens, les ONG et les entreprises réagissent avec une admirable démonstration de solidarité et mobilisation. Ils sauvent les gens en mer; aident à l'accueil et à l'intégration des réfugiés et des migrants dans les communautés locales, parfois en les accueillant chez eux; offrent des assistances juridiques, afin que les migrants puissent revendiquer et défendre leurs droits; fournissent des services de traduction, d'apprentissage des langues, de formation et de stages; et beaucoup plus.” (43 - sous engagements entre les États et d'autres parties prenantes)

[2] "Les États ne sont pas les seuls décideurs en affairs de migration. Les liens familiaux, les réseaux de la diaspora et le secteur privé sont à l'origine de la migration internationale » (43 - sous engagements entre les États et d'autres parties prenantes)

[3] “ En 2015, les dirigeants de tous les États membres de l'ONU ont accepté l'Agenda 2030 pour le développement durable (2030 Agenda) - un ensemble d'engagements universellement applicables (y compris les objectifs de développement durable (ODD) et le programme d'action d'Addis-Abeba de la troisième Conférence internationale sur Financement du développement) pour améliorer le sort des populations et de la planète, à atteindre d'ici l'an 2030 "(10)

[4] Le 19 septembre 2016, les dirigeants mondiaux se sont réunis pour un sommet à New York pour traiter "des grands mouvements de réfugiés et de migrants