Discussion en ligne: La migration forcée et le développement

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En collaboration avec le HCR à Bruxelles, l’Initiative conjointe pour la migration et le développement a le plaisir de lancer cette discussion en ligne sur le thème de « la migration forcée et le développement ».

Prenant conscience du fait que les réfugiés et autres personnes en situation de déplacement forcée,, sont considérés comme un groupe à part dans les débats sur la migration et le développement, il convient aujourd'hui de s’attacher en particulier aux migrants forcés. Même si il peut parfois apparaître  difficile de différencier entre une migration forcée ou une migration volontaire à cause du caractère souvent mixte et complexe des raisons qui contraignent ou motivent une personne à quitter son pays, nous pouvons cependant adopter la distinction suivante : alors que l'objectif de la plupart des migrants est de trouver un travail, d'avoir un meilleur salaire ou de bénéficier d'une meilleure éducation, les migrants forcés quittent généralement leurs foyers par crainte de persécution, pour fuir les conflits armés, la violence, les catastrophes naturelles ou causées par l'homme, et nécessitent par conséquent que leur soit assurés protection, abri et assistance à la satisfaction de leurs besoins élémentaires.

Le déplacement forcé implique la perte du logement, des terres et des propriétés, de l'emploi, des biens matériels, des réseaux et des ressources dans le domaine social, et conduit à des changements dans les dynamiques familiales et le rôle traditionnellement attribué aux hommes et aux femmes. L’expérience a démontré que trop souvent, le déplacement conduit aussi à l'insécurité alimentaire, à la hausse de la morbidité et de la mortalité, ainsi qu’à la marginalisation sociale. Souvent, il devient extrêmement difficile pour les personnes déplacées d'accéder aux services tels que l'éducation ou la santé, car elles n’emportent généralement pas leurs papiers d'identité et ne peuvent par conséquent prétendre à aucun droit au regard de l'autorité locale de leur lieu de résidence, ou parce qu’elles n’ont plus les moyens de payer les frais de scolarité et les services de santé, et ne peuvent pas compter sur l'appui d'un réseau social traditionnel dans leur nouvel environnement. L’association de ces conditions défavorables fait que les déplacés entrent dans un cycle de vulnérabilité, qui pourrait empirer si la situation de déplacement se prolongeait et affectait plusieurs générations successives.

Les réfugiés et autres migrants forcés vulnérables bénéficient d'une aide humanitaire qui les soulage temporairement de leur grande vulnérabilité immédiatement après leur fuite forcée. Pourtant, ils sont souvent exclus des programmes durables pour le développement. L'inadéquation des solutions offertes pour répondre aux besoins des personnes déplacées ou réfugiées constitue toujours un obstacle majeur à la mise en place de solutions durables pour les personnes déplacées de force. L’idée largement répandue selon laquelle le déplacement forcé peut être réglé par des moyens humanitaires est erronée et a conduit des millions de personnes déplacées de force à des situations de déplacement prolongées, les mettant dans l’incapacité de trouver des solutions à leur déplacement qui pourraient les aider à rompre le cycle de la dépendance de l'assistance humanitaire et à faire évoluer leur vie.

Le déplacement prolongé implique également la présence prolongée d'un grand nombre d’étrangers qui peut avoir un impact négatif sur le développement des communautés des pays d'accueil, étant donné la pression qu’ils font exercer sur les ressources, les infrastructures et les services au niveau local, et la dégradation de l'environnement. A cet égard, il ne faut pas oublier que la plupart des pays d'accueil sont des pays en développement et des pays pauvres. Aujourd'hui, on estime que 214 millions de personnes vivent en dehors de leur pays d'origine, quelque 34 millions de personnes relevant de la compétence du HCR (réfugiés, demandeurs d'asile, rapatriés, déplacés internes et apatrides, excepté les réfugiés relevant du mandat de l’UNRWA). Qu’il s’agisse de contextes urbains ou de camps, la plupart des ces 34 millions de personnes vivent dans les pays en développement, principalement en Afrique et en Asie, pays qui luttent souvent eux-mêmes pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs propres citoyens.

Aider les migrants forcés à trouver des solutions favorisant l’instauration de mécanismes et de projets d’autosuffisance et de moyens de subsistance dans les pays de retour ou d'accueil leur permettrait non seulement de reconstruire leur vie et d’éviter un deuxième déplacement, mais aussi de contribuer au développement de l'économie et des communautés locales. Trop souvent, le potentiel de production économique et social de ces personnes ainsi que leur capacité à contribuer à des processus locaux de pacification est négligée. Pour cette raison l’intégration plus systématique de programmes ou de projets bénéficiant aux réfugiés et aux rapatriés dans les plans nationaux de développement serait largement profitable aux migrants forcés ainsi qu'à la population locale. En ce sens, il serait erroné d’ignorer la contribution potentielle des migrants forcés au développement ou de ne pas en tenir compte dans les débats portant sur la migration et le développement. C'est le concept de migrants forcés en tant que « agent de développement » que nous souhaiterions aborder dans cette discussion en ligne.

La discussion en ligne se tiendra pendant trois semaines, à compter du 10 jusqu’au 31 janvier  2011. N’hésitez pas à répondre à toutes les questions posées ci-dessous. Nous vous encourageons vivement à participer à la discussion en ligne en envoyant un courrier électronique à m4d@groups.dev-nets.org ou en postant vos commentaires en ligne sur le forum pour la migration et le développement ici. Veuillez noter que les réponses de la discussion en ligne ne seront pas automatiquement partagées mais seront d’abord envoyées à l'équipe de facilitation qui en fera la synthèse.

Les résultats de la discussion en ligne seront communiqués sous forme de réponse consolidée.

Nous espérons que la discussion sera riche et active ! Nous vous remercions de votre participation !

S'il vous plaît notez que la durée de la discussion en ligne a été prolongée et se terminera le lundi 7 Février 2011!

 

Questions

Qui sont les migrants forcés ?

  • Les réfugiés, les demandeurs d'asile, les déplacés internes et les rapatriés ?

Contribution des migrants forcés au développement

  • Pouvez-vous donner des exemples de la façon dont les compétences et les capacités des migrants forcés peuvent contribuer au développement et à la reconstruction post-conflit ?
  • Quelles sont les conditions requises pour que les migrants contribuent au développement de leur pays/région/communauté d'accueil ainsi que de leur pays d'origine ?

Appuyer la contribution des migrants forcés au développement

  • Faut-il mettre au point des programmes pour la migration et le développement portant spécifiquement sur les migrants forcés ? Pouvez-vous donner des exemples précis ?
  • Pourquoi est-il difficile d'inclure le thème du déplacement forcé dans le calendrier des programmes et des fonds pour le développement des donateurs, des gouvernements et des agences de développement?
  • Même lorsque les migrants forcés bénéficient d'une assistance au retour, pourquoi les besoins à plus long terme des rapatriés ne sont-ils pas systématiquement intégrés dans la planification pour la reconstruction ?
  • De quelle façon les acteurs humanitaires pourraient-il adapter leurs programmes en vue du relèvement rapide sans compromettre les principes humanitaires ?
  • De quelle façon pourrait-on fournir aux réfugiés non citoyens une assistance additionnelle souple et opportune pour la transition et le développement ?