Rio +20, le Développement Durable et les Migrations

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Jul 06, 2012
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Les migrants sont considérés comme des importants acteurs pour l’économie et la société, soit dans leurs pays d’origine et dans leur pays de destination. La possibilité de créer un développement durable pour une vie meilleure dans toutes les parties du globe passe aussi à travers notre capacité de déclencher le potentiel des migrations et de réduire les aspects liés au parcours. Nous saluons les conclusions de Rio+20 comme une importante étape historique. Maintenant, c’est à nous tous de bâtir sur elles et d’avancer ensemble.

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20 ans après la Conférence de Nations Unies sur l’Environnement et le Développement à Rio de Janeiro, la Conférence des Nations Unies (Rio+20) qui s’est tenue au Brésil du 13 au 22 Juin a essayé de pousser plus loin la gouvernance globale du développement durable. Les enjeux discutés ont été plusieurs : commerce et économie verte, durabilité urbaine, emplois verts et inclusion sociale, réduction des risques liés aux désastres et résilience, transports  à faible émission de carbone…

Le lien entre la migration et le développement durable on été pris en considération, en tant qu’un enjeu important capable de contribuer à un cadre de gouvernance globale plus complet et efficace pour le développement durable. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a été ainsi activement engagée dans la discussion et invitée à contribuer à ses résultats (voir le document en anglais sur la Contribution de l’IOM à la Compilation du Document pour Rio+20), dans l’esprit d’une « migration au bénéfice de tous ». D’après l’OIM, les enjeux principaux qui doivent être abordés dans les futures politiques sectorielles, particulièrement importants pour Rio+20 sont : (1) Migration Rurale et Peuplement Urbain ; (2) Adaptation au Changement Climatique ; et (3) Réduction des Risques Liés aux Désastres.

Afin de canaliser le débat politique, le CNUED a publié en Juin un document d’orientation sur la relation entre « Migrations et développement durable », qui met en évidence le fait que «les migrations ont été reconnues pour leur importance croissante et pour leur pertinence en relation aux dimensions sociale, économique et environnementale du développement durable, ainsi que pour leur influence dans toutes les régions du monde ». Comme le document remarque, le nombre de personnes qui vivent en dehors de leur pays de naissance a augmenté considérablement et est passé de 156 million en 1990 à 215 million aujourd’hui. Le profil des migrants a aussi changé : les migrants sont aujourd’hui plus hétérogènes culturellement et ethniquement, ainsi que plus facilement femmes qu’avant. Quatre aspects de la migration doivent ainsi être pris en considération, afin de comprendre et faire face de manière positive à cette nouvelle époque dans l’histoire des migrations : migrations internes (rurales-urbaines et urbaines-urbaines), les envois de fonds, les femmes et les migrations environnementales. De plus, le document souligne la nécessité d’aborder les migrations et le développement comme des phénomènes strictement liés entre eux, ainsi que l’urgence de les intégrer dans des cadres de planifications nationaux.

Par ailleurs, une discussion conduite par l’unité d’appui du PNUD  pour Rio+20 a été dédiée à la relation entre « Chômage, travail décent et migrations ». Le dialogue a commencé sur une plateforme en ligne au début de mai et les conclusions on été présentées dans un événement à Rio de Janeiro le 16 de juin, en réunissant plus de 400 représentants de la société civile, du secteur privé, des syndicats et de la communauté scientifique. Les membres du jury et du public ont eu la possibilité de sélectionner deux recommandations additionnelles pour les Chefs d’État et de Gouvernement présents à Rio+20. Les recommandations suivantes sur les travailleurs migrants on été faites :

  • « encourager les gouvernements nationaux à respecter les droits de l’homme de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, en incluant ceux dans des programmes pour les Travailleurs Temporaires Étrangers et les refugiés climatiques qui seront déplacés par l’impact environnemental ».

Dans le document publié à la fin de la conférence Rio+20, « L’avenir que nous voulons », deux importants engagements relatifs aux migrations ont été introduits :

  • « à prendre systématiquement en considération les tendances et les projections démographiques dans nos stratégies et politiques nationales de développement rural et urbain. Grâce à une planification tournée vers l’avenir, nous pourrons saisir les occasions et relever les défis liés aux changements démographiques et aux migrations » (par. 144).
  • à «promouvoir et (…) défendre efficacement les droits de l’homme et les libertés fondamentales de tous les migrants, en particulier les femmes et les enfants, quel qu’en soit le statut migratoire, et (…) traiter la question des migrations internationales par la voie de la coopération et du dialogue au plan international, régional ou bilatéral et d’une manière globale et équilibrée, en tenant compte du rôle et des responsabilités des pays d’origine, de transit et de destination dans la promotion et la défense des droits de l’homme de tous les migrants et en évitant les démarches qui pourraient rendre ces derniers encore plus vulnérables » (par. 157).